
Pays de Loire .1 : Nantes 1 premières visites.
Les premières pages de ce blog de VRP Montel, évoquent le récit du stage à Paris et de l'entretien d’embauche. Mais je décris trop rapidement mes débuts de représentant à Nantes. C'est pourtant la ville ou j'habite et c'est là aussi que j'ai fourbi mes premières armes commerciales.

La ville de Nantes en cette fin d'année 1968 n'a pas le visage de la ville actuelle. La Tour de Bretagne n'est pas encore construite. Le tramway qui va transformer les habitudes de mes compatriotes nantais, n'est pas encore sur les rails. Je vais travailler tous les jours, au magasin, en utilisant un vélo. Cette librairie se situe dans le passage Pommeraye. Lieu mythique de Nantes, avec sa verrière et ses escaliers en bois.

Je suis en même temps, étudiant à la faculté de lettres de Nantes, dans l'espoir d'entrer dans l'enseignement. J’ai trouvé ce job à la librairie en pensant naïvement que la vente des livres me procurerait du temps libre et surtout la facilité de pouvoir travailler avec tous les livres sous la main.
Mais hélas justement, je me suis vite aperçu des difficultés à mener de front, ce travail de vendeur, surtout en assurant la vente et la responsabilité du rayon Universitaire, mathématiques supérieures, science, psychologie, pédagogie, etc.
En absence de clientèle, c'est le déballage, la fabrication des fiches, les commandes d'ouvrages manquants, la réception en des représentants et la mise en place des livres. Les journées quelquefois ne sont pas assez longues. Elles se prolongent très souvent après l'heure de la fermeture.
C'est alors que je reçois un jour la visite d'un représentant qui me parle avec conviction de l'amour de son travail.

C'est sur la place de la bourse que tout se joue pour moi en septembre 1968. Ce dernier m'invite à la terrasse du café et c'est là qu'il ne confie son bonheur d'être VRP. Il me décrit le plaisir du changement, dans les voyages. La liberté dont il est assuré tout au long de la semaine. Du salaire qui devient vite deux fois plus élevé. Du plaisir du contact avec ces clients qui deviennent souvent vite des amis. En Bref, je suis tout à fait convaincu dès cet instant.
Je mets à profit les quelques mois qui me restent pour lire certains livres de psychologie commerciale comme “la vente commence quand le client non.” qui vont m'insuffler le Feu sacré, comme je l'ai déjà dit plus haut, sur ce blog.
Après un stage de quelques jours aux éditions Paul Montel à Paris, me voilà de retour à Nantes en ce début d'année 1969. J'attends donc le stock qui doit venir et je prépare mes premières visites.
Je n'ai pas reçu de listes de clients à visiter des éditions Paul Montel ou je viens d'être embauché.
Je suis convaincu d'être le premier représentant exclusif est titulaire de cette maison ancienne fondé par Paul Montel en 1911. La direction m'a surtout embauché car elle compte bien sur un travail de prospection approfondi, pour dénicher de nouveaux clients.

Les livres que je vais vendre je les connais bien. Car je les ai déjà bien vendus et conseillés en librairie. J’ai l’espoir et la rage de réussir. Les premiers commerçants que je visite sont des photographes revendeurs.
Je commence par la place royale à Nantes. Ces magasins à l'époque vendent du matériel pour les amateurs. Le livre est nécessaire pour parfaire les techniques de prise de vue et de laboratoire amateur. Je suis d’emblé, très bien reçu. Ma technique est au point dès le premier jour.
Après m'être fait connaître et assurer que je tiens un dépôt de ces livres sur place, à Nantes. Les commerçants qui ne souhaitent pas alourdir leur stock, trouvent ma formule du « laissé sur place », très intéressante. Car une commande passée à Paris met souvent huit jours pour arriver à Nantes.
Les deux premières commandes tombent au bout de deux heures. Puis j'aborde la rue de la Fosse et la rue Boileau. En fin de journée j'ai déjà prospecté une dizaine de photographes avec succès, avec sept commandes en poche.
J'ai laissé un peu tomber la prospection auprès des libraires car je sais que ces ouvrages sont bien représentés dans ces points de vente. Je me dis que je les verrai plus tard, pour les informer qu'ils ne peuvent désormais passer eux aussi, leurs commandes à Nantes.

La deuxième journée est beaucoup plus difficile je fais la rencontre d'un collègue grossisse qui distribue depuis bientôt quatre ou cinq ans les livres des éditions Paul Montel. Mes craintes de la concurrence avec lui s'estompent vite. Je constate que je possède une arme puissante pour convaincre, « le dépôt sur place. »
Les trois mois d'essais se terminent à Pâques. Monsieur Roger Montel fait le déplacement. Le succès est au rendez-vous. Je suis assuré de continuer ce travail qui me passionne. Je reçois de nouveaux avantages de salaire et de frais remboursés en totalité. Une sympathique invitation autour d'une des meilleures tables de la région suit ce jour là.

C'est autour d'un beurre blanc, au restaurant célèbre des bords de Loire “Chez Clémence” que nous inaugurons avec ma belle famille cette nouvelle collaboration.
La semaine prochaine je vous ferai visiter la petite réserve de livres et les instruments qui m'ont servi à lancer cette nouvelle entreprise. Mais elle n'a pas été possible sans le soutient de ma famille nantaise.